Votre pratique du trombone est-elle « S.M.A.R.T. » ?

Lorsqu'on se prépare à un concert important, il est courant de diviser sa préparation en deux volets : la préparation musicale et la préparation physique. Intégrez ces quatre principes de préparation proposés par Victor Haskins, artiste chez Denis Wick, afin de vous assurer que votre préparation est efficace et qu'elle favorise votre bien-être général en vue de votre prochain grand concert.

« La trompette, comme tout instrument à vent en cuivre, est un instrument exigeant sur le plan physique. Pour faire de la musique, il faut surmonter les difficultés physiques liées à la pratique de cet instrument. Jouer de l’instrument et faire de la musique sont deux activités distinctes. » Victor Haskins

Principe n° 1 : Se fixer des objectifs S.M.A.R.T.

Le temps est une ressource précieuse, et nous ne pouvons vraiment pas nous permettre d’en gaspiller la moindre seconde : nous devons l’utiliser aussi judicieusement que possible. De même, notre embouchure ne dispose que d’une endurance limitée pour jouer du cor, et nous devons donc l’utiliser elle aussi de la manière la plus judicieuse possible. Au fil des années, j’ai enseigné à de nombreux élèves et j’ai remarqué certaines tendances. L’une d’entre elles est que les élèves s’entraînent de manière inefficace parce qu’ils n’ont pas d’objectif clair. SMART est un acronyme qui signifie « Spécifique, Mesurable, Atteignable, Pertinent et Limité dans le temps ». Un exemple d’objectif inefficace est « Je veux m’améliorer à la trompette » ou « Je veux jouer des notes plus aiguës ». Comment savoir quand on est « meilleur » ou quand on a joué « plus haut » ? Ne perdez pas de temps à vous fixer des objectifs de ce genre. Un meilleur objectif serait plutôt : « Je veux être capable de jouer correctement les mesures 1 à 16 de l’étude préparée pour le concours inter-districts à 80 bpm d’ici mercredi ». Si nous sommes lundi, c’est un bon objectif à se fixer. Voici pourquoi :

 

Cet objectif est précis : vous avez défini les mesures de quel morceau ou de quel exercice vous allez travailler, ainsi que la vitesse à laquelle vous souhaitez pouvoir le jouer. Vous pouvez mesurer cela à l’aide d’un métronome (l’objectif est de 80 bpm). Il s’agit d’un extrait suffisamment court pour que tu puisses l’atteindre au cours de tes séances de travail. Cet objectif est pertinent car les auditions « All-District » auront lieu vendredi prochain. C’est également un objectif limité dans le temps : tu disposes de trois séances de travail (lundi, mardi et mercredi) pour y parvenir. Cet objectif te permettra de rester concentré sur ton but. Fixe-toi des objectifs comme celui-ci pour mieux réussir.

Principe n° 2 : disposer d'un plan écrit

Avant de prendre votre instrument pour vous entraîner chaque jour, notez les exercices spécifiques que vous allez réaliser. Je vous recommande également d’utiliser un minuteur ou un chronomètre pendant vos séances d’entraînement et de prévoir la durée de chaque exercice. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, imaginons que vous disposiez de 30 minutes par jour pour vous entraîner : voici à quoi ressemblerait votre programme du lundi

 

PROGRAMME DU LUNDI

  • Échauffement : 5 minutes

  • Apprendre les notes (mémoriser les doigtés, jouer les notes sans métronome, chanter) pour les mesures 1 à 8 ; 5 minutes

  • Apprendre les rythmes (en chantant et en tapant dans les mains) pour les élèves de CP à 4e ; 5 minutes

  • Apprendre les indications d'expression (articulation, nuances — chant et/ou instrument) pour les mesures 1 à 8 ; 5 minutes

  • Répéter les mesures 1 à 8 avec le métronome ; 10 minutes

 

À la fin de cette séance d'entraînement, notez sur quelle indication du métronome vous vous êtes arrêté afin de pouvoir reprendre à ce point lors de la prochaine séance. Chaque séance d'entraînement doit être planifiée de manière à vous rapprocher de vos objectifs, tout comme ce programme du lundi.

Principe n° 3 : Repose-toi autant que tu joues

Un problème que j’entends souvent chez les élèves, c’est qu’ils se fatiguent après avoir travaillé pendant peu de temps, ou qu’ils se fatiguent plus vite que ce qui serait productif pour leurs séances. Quand j’observe la manière dont s’entraînent les élèves qui se plaignent de cela, je remarque qu’ils répètent un passage encore et encore SANS faire de pause.

Lorsqu'on fait de l'exercice, on divise les exercices en « reps » et en « sets ». Une « rep » correspond à une répétition. Un « set » désigne un groupe de « reps ». Si je voulais travailler mes pectoraux avec des pompes, je pourrais faire 3 sets de 20 reps. Je ferais donc 20 pompes d’affilée (ce qui constitue une série), puis je me reposerais pendant une minute (sans faire d’activité), avant d’enchaîner avec une autre série de 20 pompes, de me reposer à nouveau une minute, puis de terminer par une dernière série de 20 répétitions. Cette méthode est plus efficace que de simplement enchaîner 60 pompes d’un seul coup (même s’il m’arrive parfois de vouloir m’entraîner de cette manière). La plupart du temps, il faut fractionner l’exercice en séries entrecoupées de temps de repos pour permettre à nos muscles de récupérer.

 

De la même manière, lorsque nous jouons du cor (un instrument très PHYSIQUE), nous devons nous reposer entre chaque série d’exercices ! N’oubliez pas que nous entraînons ces tout petits muscles de notre visage à faire quelque chose de tout à fait contre nature, pour lequel ces muscles (et ces tissus) n’ont pas été conçus : souffler de l’air à grande vitesse à travers un tube. Nous devons ménager notre visage ! Le principe est donc le suivant : vous devez VOUS REPOSER AUTANT QUE VOUS JOUEZ. Si vous travaillez les mesures 1 à 8 mentionnées plus haut et que cela vous prend 40 secondes, vous devriez passer AU MOINS 40 secondes sans le cor contre le visage. Si la série suivante vous prend 30 secondes, vous passez AU MOINS 30 secondes à vous reposer. Imaginons que la fois suivante, cela vous prenne 1 minute parce que vous jouez deux fois d’affilée. Vous devriez alors passer AU MOINS 1 minute sans l’instrument contre le visage. Cela vous permettra de vous entraîner pendant de longues séances sans vous fatiguer excessivement. De plus, le fait de vous reposer entre deux séries de jeu permet à votre CERVEAU de passer inconsciemment en revue ce que vous venez de faire, rendant ainsi votre entraînement plus efficace.

Principe n° 4 : Enregistrez-vous

Vous ne pouvez savoir ce que vous avez réellement fait que lorsque vous consacrez 100 % de votre attention à vous écouter. Nous pouvons (et devons) être conscients de ce que nous faisons pendant que nous jouons, mais évaluer votre technique et la manière dont vous vous en sortez PENDANT que vous pratiquez va vous empêcher d’être pleinement présent dans l’activité elle-même. Au lieu de cela, puisque nous venons d’évoquer l’importance de se reposer autant que l’on joue, vous devriez enregistrer chaque petit passage de votre pratique. Ensuite, pendant que vous reposez votre visage, vous devriez réécouter l’enregistrement. C’est une idée géniale, car si vous avez mis 1 minute à jouer un passage, l’enregistrement durera 1 minute, ce qui respecte la règle consistant à se reposer autant que l’on joue. C’est bénéfique pour votre visage et votre cerveau. Puis, en réécoutant cet enregistrement d’une minute, vous prendrez conscience de ce que vous avez fait ou pas, ce qui vous permettra d’être plus concentré lors de la prochaine répétition de ce passage. Tout le monde y gagne !

 

Ce sont là autant de principes que vous pouvez mettre en pratique DÈS AUJOURD'HUI et qui vous permettront d'obtenir des résultats. Votre pratique sera mieux organisée, moins épuisante, et vous aurez une idée plus claire de ce que vous devez réellement faire pour atteindre votre objectif.

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